Aliments ultra-transformés : pourquoi il n'existe pas de fréquence limite, et ce que l'INRAE recommande
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Aliments ultra-transformés : pourquoi il n'existe pas de fréquence limite, et ce que l'INRAE recommande

Un biscuit au goûter, une pizza industrielle un soir de fatigue : vous cherchez peut-être le nombre magique à ne pas dépasser. Il n'existe pas. Les experts donnent plutôt un repère global, moins de 15 % des calories, et une question simple à vous poser sur la semaine entière.

En bref

  • Aucun seuil universel ne permet d'affirmer qu'une quantité d'aliments ultra-transformés serait totalement sans risque, selon un chercheur de l'INRAE.
  • L'Assurance Maladie conseille que ces produits pèsent moins de 15 % des apports caloriques, alors que les Français en sont en moyenne à 35 %.
  • Un écart ponctuel ne déséquilibre pas l'alimentation : ce qui compte, c'est la fréquence et la place prise dans l'assiette.

Le chiffre clé : 15 %, part maximale idéale des calories venant d'aliments ultra-transformés, selon l'Assurance Maladie.

Aucun seuil universel n'a été établi à ce jour

Combien de fois par semaine peut-on s'offrir un plat préparé ? La réponse honnête tient en une phrase : personne ne peut donner de chiffre valable pour tout le monde. Christophe Chassard, chef du département MICA (Microbiologie et chaîne alimentaire) de l'INRAE, le dit sans détour : il n'existe pas de seuil permettant d'affirmer qu'une certaine quantité serait totalement sans risque.

La raison est méthodologique. Les études disponibles observent surtout la consommation globale de ces produits. Elles repèrent des associations avec différents effets sur la santé, mais elles ne savent pas encore dire quelle part revient à tel ou tel aliment.

Résultat : les formules toutes faites, du type « deux fois par semaine », n'ont pas de base scientifique solide. Si vous en avez entendu une, méfiez-vous.

Le repère des 15 % des calories est une précaution, pas une frontière

Il existe tout de même un repère chiffré. L'Assurance Maladie constate que l'alimentation des Français comprend en moyenne 35 % de produits ultra-transformés. Pour limiter leurs effets sur la santé, elle conseille de descendre idéalement sous 15 % des apports caloriques.

RepèrePart des calories
Moyenne observée chez les Français35 %
Objectif idéal de précautionmoins de 15 %

Attention à la lecture de ce chiffre. À 14 %, le risque n'est pas nul. À 16 %, il n'explose pas non plus. Il s'agit d'un seuil de précaution pour réduire la place de ces produits, pas d'une ligne biologique qui séparerait le « sans risque » du « à risque ».

Autrement dit, l'écart entre 35 % et 15 % indique une direction. Chaque produit remplacé par un aliment brut ou peu transformé vous en rapproche.

Un écart de temps en temps ne définit pas votre alimentation

Des nuggets pendant un repas, un biscuit au goûter, une pizza industrielle quand le temps manque : pris isolément, ces moments ne suffisent pas à juger la qualité de ce que vous mangez. Pour Christophe Chassard :

« C’est surtout la fréquence et la place de ces produits dans l’alimentation qui comptent »

Christophe Chassard, chef du département MICA de l'INRAE.

Le vrai sujet, c'est le remplacement. Si ces produits reviennent chaque jour, voire à chaque repas, et qu'ils prennent la place des fruits et légumes, des légumineuses, des œufs, des poissons, des fruits à coque ou des céréales peu transformées, l'équilibre s'en ressent. C'est dans ce cas que leur place mérite d'être repensée.

Les études montrent des associations, pas une culpabilité prouvée

Pourquoi limiter ces produits, alors ? Les travaux épidémiologiques associent une forte consommation à un risque plus élevé d'obésité, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Des liens ont aussi été observés avec certains cancers.

Mais association ne veut pas dire cause unique. Les habitudes alimentaires, l'activité physique, le tabagisme, le statut socio-économique ou la qualité globale du régime jouent aussi. Les chercheurs explorent encore plusieurs pistes : la composition nutritionnelle, les additifs, les procédés de fabrication.

La catégorie elle-même est hétérogène. Certains produits sont très riches en sucres, en sel ou en graisses saturées, d'autres ont un profil plus favorable. Et la composition seule n'explique pas les effets observés. D'où cette mise en garde du chercheur :

« Il faut éviter les conclusions trop catégoriques quand on associe nutrition et santé »

Christophe Chassard, INRAE.

Le bon geste : regarder la semaine plutôt que chaque repas

Inutile de peser chaque biscuit. Un repas n'est pas représentatif de ce que vous mangez en général, alors prenez du recul. Voici la ligne directrice de l'expert :

« L’idée n’est pas de traquer le moindre aliment ultratransformé, mais plutôt de varier son alimentation et de privilégier des aliments bruts ou peu transformés chaque fois que c’est possible »

Christophe Chassard, INRAE.

Pour faire le point, posez-vous cette question, formulée par le chercheur :

« Les aliments ultratransformés sont-ils occasionnels, ou sont-ils présents à la plupart des repas ? »

Deux situations se dessinent :

  • Occasionnels : votre alimentation repose surtout sur des produits peu ou pas transformés. La place de ces aliments reste limitée.
  • Quotidiens : ils remplacent régulièrement fruits, légumes, légumineuses, œufs, poissons ou céréales peu transformées. Il est temps de rééquilibrer.

L'objectif n'est ni de chercher une fréquence « sans risque », ni de culpabiliser. Il est que ces produits restent occasionnels et ne deviennent pas la base de vos repas.

Vos questions

Peut-on manger des aliments ultra-transformés tous les jours ?

Aucun seuil universel ne dit qu'une quantité est sans risque. En revanche, une présence quotidienne, voire à chaque repas, devient un problème quand ces produits remplacent les aliments peu transformés. C'est cette situation qu'il vaut mieux repenser.

Que signifie le repère de 15 % des calories ?

L'Assurance Maladie recommande idéalement moins de 15 % des apports caloriques issus d'ultra-transformés, contre 35 % en moyenne chez les Français. C'est un seuil de précaution, pas une frontière biologique : 14 % ne garantit pas l'absence de risque, 16 % n'en crée pas un soudain.

Une pizza industrielle de temps en temps pose-t-elle un problème ?

Pas nécessairement. Une pizza, quelques biscuits ou un plat préparé de temps en temps ne suffisent pas à déséquilibrer l'ensemble de l'alimentation. Ce qui compte, c'est que ces produits restent occasionnels.

Sources : santemagazine.fr.