Taxe sur les produits sucrés : ce qui pourrait changer dans vos courses, selon le professeur Boris Hansel
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Taxe sur les produits sucrés : ce qui pourrait changer dans vos courses, selon le professeur Boris Hansel

Au rayon boissons, la taxe sodas pèse déjà sur votre ticket de caisse. Le gouvernement propose de l'étendre aux produits sucrés ultratransformés dans le budget de la Sécurité sociale 2027. Le professeur Boris Hansel, de l'hôpital Bichat, explique pourquoi elle marche sur les achats, et pourquoi elle ne suffira pas.

En bref

  • Le gouvernement propose d'étendre la taxe sur les boissons sucrées aux produits sucrés ultratransformés, dans son budget 2027.
  • Pour le professeur Boris Hansel, la taxe sodas fait baisser les achats d'environ 10 à 15 %.
  • Le texte sera débattu au Parlement cet automne et pourra être largement modifié : taux et produits visés restent à préciser.

Le chiffre clé : 10 à 15 %, baisse des achats de boissons estimée avec la taxe sodas, selon le professeur Hansel.

Le budget de la Sécurité sociale 2027 met les gâteaux et les sodas en ligne de mire

Le Premier ministre a présenté jeudi 1er octobre, en Conseil des ministres, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Parmi les mesures : étendre la taxe sur les boissons sucrées aux produits ultratransformés sucrés. Les gâteaux rejoignent donc les sodas dans la ligne de mire.

L'objectif affiché est d'amener les industriels à revoir la composition de leurs produits. Le gouvernement parle d'un enjeu de santé publique. Pour vous, la question est plus terre à terre : qu'est-ce qui change en rayon ?

Pour l'instant, rien de chiffré. Le taux, la liste exacte des produits visés et la date d'application n'ont pas été détaillés. Et le texte n'est pas figé : le Parlement l'examinera cet automne et pourra le remanier largement, comme l'autre volet du budget, le projet de loi de finances.

La taxe sodas fait reculer les achats de 10 à 15 %, estime le professeur Boris Hansel

Boris Hansel dirige l'unité Nutrition-Prévention de l'hôpital Bichat, à Paris. Invité de franceinfo le jour de la présentation du budget, il n'a pas hésité à soutenir la mesure.

« Une taxe sur les produits sucrés, c'est une très bonne idée »

Boris Hansel, chef de l'unité Nutrition-Prévention à l'hôpital Bichat, sur franceinfo, jeudi 1er octobre

Son argument ne repose pas sur une intuition, mais sur le précédent des sodas. Il affirme que l'on dispose de « pas mal de preuves » qu'une taxe aide les Français à manger moins de sucre. Selon lui, la taxe sodas a joué à trois niveaux.

ÉtapeCe que décrit le professeur
Les prixLa taxe est répercutée sur le prix des boissons
Les achatsUne baisse estimée à environ 10 à 15 %
La consommationUn effet sur ce qui est réellement bu

Lisez bien le chiffre : 10 à 15 % est une estimation portant sur les achats, pas une mesure de l'état de santé des consommateurs. Le professeur le reconnaît lui-même : l'effet réel sur les maladies chroniques est difficile à évaluer.

Dans vos courses, le même mécanisme pourrait jouer sur les prix et sur les recettes

Si l'extension suit la logique de la taxe sodas, deux effets seraient à guetter en rayon. D'abord les prix : sur les boissons, la taxe a été répercutée sur les étiquettes. Ensuite vos propres achats : c'est ce recul de 10 à 15 % que le professeur attribue à la hausse des tarifs.

Un troisième effet dépend des industriels. Le gouvernement compte sur la taxe pour les pousser à reformuler leurs produits. Si certains revoient leurs recettes, la composition de gâteaux ou de desserts industriels que vous achetez par habitude pourrait évoluer.

Tout cela reste une hypothèse. Sans taux connu, impossible de chiffrer le surcoût sur un panier moyen. Méfiez-vous des simulations qui afficheraient déjà un montant précis : le texte peut encore bouger pendant les débats.

Une taxe seule ne réglera ni l'obésité ni le diabète, prévient le professeur

Boris Hansel ne vend pas la mesure comme une solution miracle. Il juge même « totalement naïf » de s'imaginer qu'une simple taxe va résoudre le problème de l'obésité, du diabète et des maladies chroniques.

La raison, selon lui : ces maladies ne sont pas liées uniquement au fait qu'on mange trop de sucre. D'autres facteurs entrent en jeu, ce qui explique la difficulté de mesurer l'effet exact de la taxe sur la santé.

Pour vous, la leçon est simple. Payer un peu plus cher un produit sucré ne fait pas, à soi seul, une alimentation équilibrée. Le sucre n'est qu'un paramètre parmi d'autres dans l'assiette.

Le professeur demande aussi de détaxer les fruits, les légumes et les fruits oléagineux

Pour Boris Hansel, le gouvernement doit aller plus loin que la taxation. Il réclame d'abord un « droit à manger sainement » pour les Français, puis une incitation à consommer moins d'aliments défavorables à la santé. Taxer d'un côté, alléger de l'autre : c'est la logique qu'il défend.

Il cite ce qu'il voudrait voir détaxé :

  • les fruits
  • les légumes
  • les fruits oléagineux
  • les produits moins gras, moins sucrés et moins ultratransformés

Cette détaxation ne figure pas parmi les mesures présentées jeudi. Le contexte financier compte aussi : la taxe doit dégager des recettes pour la Sécurité sociale, dont le gouvernement veut ramener le déficit à 12,7 milliards d'euros en 2027, contre 21,8 milliards estimés cette année.

Le débat parlementaire dira si la mesure reste purement dissuasive ou si elle s'accompagne d'un geste en faveur des aliments sains.

Vos questions

La taxe sur les produits sucrés est-elle déjà votée ?

Non. Le projet de budget de la Sécurité sociale a été présenté jeudi 1er octobre en Conseil des ministres. Il doit maintenant être examiné par le Parlement cet automne, qui pourra le modifier largement.

Quels produits seraient concernés par la taxe ?

Le gouvernement parle d'étendre la taxe sur les boissons sucrées aux produits ultratransformés sucrés, avec les gâteaux et les sodas en ligne de mire. Le taux et la liste précise des produits n'ont pas été détaillés.

La taxe sodas a-t-elle vraiment réduit la consommation ?

Selon le professeur Boris Hansel, elle fait monter les prix des boissons, ce qui réduit les achats d'environ 10 à 15 %, avec un impact sur la consommation. Il reconnaît en revanche qu'il est difficile de mesurer l'effet sur les maladies chroniques.

Sources : franceinfo.